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Les Sentiers d'la Gloire Les divagations de mon jumeau maléfique
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Les Sentiers d’la Gloire ne sont en réalité qu’une succession de quelques fragments de la correspondance d’un jeune banlieusard d’une vingtaine d’années à la santé mentale ravagée, durant un peu plus d’une année. Nous en estimons la genèse aux alentours du début de l’été 2005 et la fin, elle, est certifiée Novembre 2006 ! Rien de bien littérairement captivant à première vue. Ni même de potentiellement menaçant. Et pourtant…
Déjà il faut que vous sachiez, qu’au-delà du contenu à proprement parler, ce qui à mon sens la rend digne d’intérêt, d’être publiée, cette correspondance, c’est son auteur. Sa personnalité. Personnage nébuleux et à l’esprit gravement dérangé, en cavale et activement recherché par toutes les forces de police du pays lors de l’écriture et de l’envoi de la plupart des étranges missives que contient cette œuvre... si tant est que ce mot, peut-être beaucoup trop louangeur rapport au contenu, puisse décemment, sans heurter les amoureux de l’écriture et les âmes sensibles, lui être attribué. Toutes ayant pour points communs d’être pleines à ras bord d’un terrible et puissant venin, d’une rage féroce, d’une folie quasi palpable… et aussi celui d’avoir été écrit dans un état pour le moins fiévreux. Comme dans une sorte de transe. Tout au bord du gouffre.
Leur auteur, actuellement derrière les barreaux dans une des prisons les plus sûr du pays, est en attente de son jugement et est accusé d’un nombre incalculable de méfaits, tous plus sordides les uns que les autres ! Qu’au total, rien que dans la semaine suivant son incarcération, ça a été plus d’une centaine de dépôt de plaintes à son encontre qui a été recensée aux quatre coins du pays ! Certains, et en assez grand nombre, provenant même de l’étranger !! Mais pourquoi autant de ses victimes ont-elles attendu si longtemps ? Ont-elles porté plainte seulement à cet instant ? Après que les forces de police française aient mis le grappin dessus ? Hein ? Pourquoi ? Tout simplement parce que la plupart des plaignants avaient été bien trop terrorisés pour pouvoir le faire plus tôt, lorsqu’il était encore en liberté, complètement incontrôlable et imprévisible ! Tous, totalement paralysés et rongés de l’intérieur par la peur d’éventuelles représailles de sa part sur leurs personnes ou celles des membres de leurs familles. Et le pire dans cette histoire, c’est que tous ces pauvres gens, malgré son arrestation, sont encore bien loin d’être décomplexés ! Encore bien loin d’être libérés de la terreur qu’il est parvenu a provoqué en eux. A tout jamais traumatisés ! La plupart refusant catégoriquement de témoigner à visage découvert. Une grande partie d’être présents au procès. Certains refusant même de tout simplement porter plainte. Les plaies bien trop profondes, la cicatrisation loin d’être terminée, et la peur au ventre toujours aussi puissamment présente, pour pouvoir se permettre une telle démarche. Et lorsque je leur ai demandé pourquoi. Pourquoi ils ne le faisaient pas ? Qu’est-ce qui les en retenait ? Tous me répondaient, que, de toutes façons, un jour ou l’autre, il sortirait… on le relâcherait… ou il s’échapperait… et que ce jour-là, ils préféraient autant être tout à fait sûr et certain de ne pas avoir à le revoir. Qu’à choisir entre justice et tranquillité, pour eux, c’était déjà tout décidé ! Mais heureusement, malgré ces multiples refus de le poursuivre, dès l’annonce de son arrestation alors qu’il tentait de prendre la tangente et de quitter le pays pour partir refaire sa vie quelque part au Brésil, ça a été une immense vague d’accusations qui s’est abattue sur lui ! Un tsunami de charges en tout genre ! Une putain de déferlante ! Qu’y a de nombreux commissariats qu’en ont été saturés et des permanences qu’ont dû tout spécialement y être consacrées. Et chaque jour depuis, la liste des faits lui étant imputés s’allonge un peu plus. S’étoffe dangereusement. Encore et toujours. A tel point que ça semblerait ne jamais vouloir s’arrêter. Et bien que pour le moment non exhaustive, nul ne sachant jusqu’où il a pu aller, encore moins pronostiquer où elle va bien pouvoir finir par s’arrêter, elle est déjà impressionnament longue et diverse ! Qu’même pour vous en donner une petite idée, que vous sachiez exactement dans quoi vous vous engagez en poursuivant cette sinistre lecture, je m’amuserais à vous les énoncer, même juste quelques uns en vrac, et je serais parti pour des années tellement sont nombreux ses répréhensibles faits d’armes ! Et là, dîtes-vous que nous ne connaissons peut-être même pas un dixième de ses exploits ! Juste ceux qui lui ont été officiellement attribués ! Ceux qui ont été répertoriés ! Lui, en ayant reconnu ou avoué aucun ! S’estimant depuis le départ victime d’une grave erreur judiciaire. Et donc, quand bien même je voudrais sincèrement tous vous les répertorier, il me serait bien trop long et pénible de le faire. Un labeur sans fin. Le genre de truc pour lequel je serais parti pour sacrifier les dix prochaines années de ma vie en vain. Et je n’en ai pas l’envie. Vous en découvrirez donc une partie par vous-même, seulement si vous décidez de lire la suite…
Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’à mon sens, la comptabilité exacte de toutes les horreurs qu’il a pu commettre n’est vraiment pas le plus important dans cette histoire… du moment qu’on le sait en cage ! Derrière des barreaux ! D’autant plus que si vous continuez votre lecture, décidez de pénétrer dans son univers, de faire un bout de chemin en sa compagnie, vous aurez l’occasion de les côtoyer de très près ! D’être plongés en plein cœur de sa folie ! De le suivre lors d’une tout à fait charmante visite guidée des bas-fond Lyonnais… d’une errance suicidaire à l’autre bout du continent européen qui tournera assez vite en voyage gastronomique et de dégustation des divers narco-produits locaux… d’une séquestration suivie d’une tentative d’extorsion qui vont très mal tourner pour lui… d’un court mais très intense séjour en hôpital psychiatrique où il se découvrira une passion totalement désintéressée pour l’écriture. Béguin qui ira, pour le malheur d’encore beaucoup d’autres innocents et en particulier du monde du cinéma, jusqu’à l’amener à se convaincre et s’auto persuader d’être en possession d’un incroyable talent dans le domaine, d’être une sorte de génie méconnu... d’une éreintante cavale à travers toute la France entrecoupée par une recherche de financement cinématographique chaotique et peu orthodoxe ! Dont il fut le seul à ne pas comprendre qu’elle était, dès le départ, d’avance et pour toujours, vouée à l’échec ! Comme tout ce qu’il avait précédemment entrepris dans sa misérable existence d’ailleurs ! Pour un projet de film relativement onéreux et à très faible taux de rentabilité rapport au contenu qui ne pourrait lui assurer qu’interdictions et réprobations de toutes sortes dans tous les pays où il serait distribué ! Et au sujet duquel, ce jeune con prétentieux s’imaginait auteur/acteur/réalisateur/monteur/producteur, j’en passe et des meilleurs, Dieu en personne… d’une rencontre avec un puissant devin et d’une prédiction qui chamboulera et accélérera le cours des événements de façon dramatique… d’une visite contrainte et forcée des égouts Parisiens qui se transformera en domiciliation temporaire… d’une étrange cérémonie de mariage à l’ambiance des plus nauséabondes… de courses-poursuites, de planques, et de convalescences dans des bleds paumés… de séances de bronzette intégrales agitées dans le sud de la France… de l’écriture en pagaille de lettres de menace de mort… d’un choix de réorientation de vie complet, et jusque dans les moindres détails de son intimité, pour tenter dans les dernières semaines de sa cavale d’échapper de nouveau à la justice… et de son début de séjour carcéral en prison Haute Sécurité… et j’en passe… et j’en oublie, tellement y en a ! Ca n’arrête jamais ! Après chaque page on se dit qu’il va enfin comprendre, qu’il va se calmer un peu… on l’espère de tout notre cœur, on en implore Dieu… mais non… à la suivante il y retourne, de plus belle, continue encore et toujours à faire n’importe quoi, à enchaîner conneries sur conneries, à empiler les nuisances les unes sur les autres, à accumuler avec fierté les délits. Et lorsque l’on sait que tout cela eut lieu en à peine plus d’un an ! Qui dit mieux ?!… Hein ?!… En réalité très peu, même parmi les figures légendaires de la criminalité, peuvent prétendre à pire ! A un si malsain pedigree en si peu de temps et à un si jeune âge ! Qu’il a tapé si fort, qu’il n’est pas loin d’avoir gagné sa place au panthéon des dingues ! D’avoir gravé son nom en lettres d’or dans l’histoire des faits divers ! Qu’à lui seul et en à peine quelques années d’activités, il est un condensé de toute l’horreur que peut contenir un être humain. De l’effroyable fascination que peut provoquer sur chacun de nous le Mal ! Et c’est justement cela, cet excès absolument démentiel de sauvageries, de méchancetés et d’atrocités, qui, au tout début, éveillèrent mon intérêt pour lui. Suscitèrent ma curiosité. Peut-être un peu malsaine au départ pensez-vous. Honnêtement je ne saurais pas exactement vous le dire. Mais par contre, il est vrai que je crevais d’envie de savoir comment pouvait-on en arriver là ? Etre à ce point dénué de tout scrupule, de toute morale, faire preuve d’un individualisme aussi forcené. Qui plus est à un si jeune âge. Et, tenter de comprendre, de percer les mystères de ce gamin, découvrir ce qui peut amener une personne en apparence tout ce qu’il y a de plus normal, à devenir un véritable fou furieux, à développer une telle vision du monde… aussi sombre, aussi dure, aussi violente… a longtemps été mon principal moteur dans cette histoire. Dans ma volonté de travailler avec lui ! Vous dire que j’y suis parvenu, serait terriblement prétentieux de ma part. Et vouloir à tout prix vous le faire croire, serait vous mentir. Mais par contre, vous dire qu’à son contact, bien qu’il me fut par moment extrêmement troublant, dérangeant, réellement perturbant, j’ai beaucoup appris sur la nature humaine… mais aussi… aussi étrange que cela puisse paraître à ceux qui n’ont jamais eu l’opportunité de vivre une telle expérience, sur moi-même, est une vérité ! Une pure vérité ! Même si je ne sais toujours pas si c’est réellement une bonne chose. Il m’arrive parfois de regretter ma douce ignorance passée ! Cette lecture et sa rencontre, m’ayant forcé à m’interroger, à remettre beaucoup de choses en question ! Et ce sale con n’a pas été loin de tout me chambouler de l’intérieur, me foutre de travers, et me laisser totalement en vrac !
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L’éditeur.
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